- Tu es las de « parler » ?  De l’inconséquence ? 

- Il n’est plus temps de parler tu le sais n’est-ce pas ? Cette démence, qui galope, plus vite toujours plus vite, elle enfle elle accélère, d’une heure sur l’autre son poids change.

- Que peut-on vraiment faire ou espérer ? 

- Ce que l’on peut faire de mieux c’est peut-être, cesser de se poser cette question. J’ai été tenté de baisser les bras, de nombreuses fois mais je n’y arrive pas, je n’ai pas atteint les limites de mes forces. Que faire dis-tu ? Un jour où je voyais mon cœur enchaîné, j’ai tiré sur la longue chaîne et du fond du puits j’ai ramené mes ancêtres, affairés à leur héritage inéluctable. Ils m’ont dit ce que je savais déjà, et j’ai rétribué leurs confidences avec mes derniers lendemains. Mais ceci est anecdotique. Car ce qui tire à l’autre bout de la chaîne ce sont nos enfants. Je dis au bout parce qu’après, rien. Pas la mort non la mort est garante de la vie, pas même une fin, rien.

Ils ont si peu de temps

Pour être autre chose que des hommes

Et peut-être, faire mieux que simplement faire face.

Et ils le savent.

- Oui 

 

(Conversations digitales 2003/2005)

 

 

Si peu de temps