« Il traîne dans sa chair une nostalgie puissante, sans pouvoir la nommer, car enfin peut-on être nostalgique de ce qui est à venir ? »

(Préface à Rencontre d’une vie)

   


 

Nostalgie du futur ?

Pauvres, pauvres petits mots, oxymoron de pacotille.

 

Ce n’est pas désir pour ce qui sera.

Ce n’est pas projet de ce qui devrait être.

Ce n’est pas hypothèse de ce qui pourrait être.

Non plus regret, de ce qui aurait pu être.

Ce n’est ni rêverie ni fantasme, ni idéal ou espérance.

 

C’est une trace peut-être, ou un appel.

Souvenir ?

Alors un souvenir si fluet que l’imagination peine à l'attraper dans ses filets. Souvenir sans images, sans objet.

Une pulsation à basse fréquence, qui déchire la trame des jours.

Sensation épastrouillante d’être... ensemencé, par ce qui n’est pas.

 

La perception linéaire du temps, d’où est déduit le principe de causalité, postule que le passé conditionne le futur. Le concept d’intrication quantique suggère que le futur modifie le passé.

Tous les possibles en germe, déjà advenus à la fois.

Deux blocs en mouvement qui poussent l’un contre l’autre.

Se glisser entre.

Vloup ! Être aspiré, dans un instant d'éternité.