« Je suis toutes les veuves de toutes les maisons solitaires de la terre à leur fenêtre,

Et toute l’innocence heureuse cherchant la souffrance.

Je suis Nature construisant le tonnerre de Nature,

Les roses rouges qui s’épanouissent,

La truite qui fend l’eau,

La lune, martelant les étoiles

Dans le sillage de l’océan…

Je suis tout cela !

Je suis un souffle tourbillonnant !

Ce que vous me croyez être… Je ne le suis pas !

Les rêves diront à vos sens tous mes noms :

Ni à voix haute et dure, ou soudain négligente, sarcastique ou cinglante…

Mais dans un murmure.

Vous avez abandonné un jour de douze heures pour une nuit de douze heures

Afin de vous mêler avec soin à l’éternité !

Alors vous prenez conscience de la cruciale hésitation

Qui prépare une étoile au désir…

Quand vous verrez ma véritable image,

Vous verrez la flamme vacillante d’une bougie.

Alors vous sentirez les échanges solitaires des étoiles.

Souvenez-vous ! Souvenez-vous ! Souvenez-vous ! »

 

(Franck Herbert)