02 décembre 2018

CARNET D'ESQUISSES: LE FOURZYTOUT

Qu’attendre au juste d’un « système de pensée » qui mélange dans le même plat :

 

Logos et raison, raison et intelligence, intelligence et calcul ?

Information et opinion, opinion et savoir, savoir et connaissance ?

Opposé et contraire, contradiction et paradoxe ?

Attitude et comportement, caractère et tempérament, nature et personnalité ?

Sensation et émotion, émotion et sentiment, sentiment et affect ?

Jouir et apprécier, apprécier et aimer, aimer et désirer ?

Etc...

 

A part un transit difficile ?

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DESCRIPTION

Ne pas oublier que : tout système de représentation, qu’il soit scientifique, mystique, animiste, symbolique ou autre, repose sur des prémisses.

Que ces prémisses dépendent d’un angle de vue, et entraînent une position particulière de l’esprit. L’esprit depuis cette position, acquiert très vite des automatismes qui le conduisent à ignorer tout ce qui ne correspond pas à la représentation qu’il a appris à privilégier.

Ne pas oublier surtout que tout système de représentation est un choix de description.

Que toute description, si fine soit-elle, en dira toujours bien plus sur notre besoin de description, que sur le monde ainsi décrit.

 

Description

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FONDS DE TIROIRS; LES PLUS COURTES SONT LES MEILLEURES

- « …Comment donc appréhender ce questionnement de la pensée en tenant compte de la question du langage ? Y a-t-il possibilité pour un esprit sondant la nature de la pensée, de s’affranchir des mots, et d’aborder la question conjointe à celle de la parole, qui est celle de la méditation ? »

 

- Ce que j’en comprends :

Le langage structure la pensée, la pensée délimite le geste, le geste conditionne la relation, la relation témoigne du rapport au temps.

 

(Conversations digitales 2003/2005)

 

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NE PAS CONFONDRE: RAISON ET RATIONALITE

Ne pas confondre la chose, avec ses caractéristiques et propriétés.

Ne pas confondre l’outil, et l’usage qui en est fait !

 

Tenter armé d'un marteau de dessiner une plume, donne des résultats peu probants. Pour autant, il ne viendrait à l’idée de personne d’accuser la plume.

De personne, vraiment ? 

 

1-2

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LA FIN DU DEBUT

Quand j’étais jeune,

Je ne voyais ni ne comprenais grand chose.

Ca me rendait dingue !

 

Avec l’âge heureusement, tout a changé :

Je m’y suis fait.

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08 décembre 2018

CARNET D'ESQUISSES: GENS DE VALEURS

Point commun aux gens de valeurs : elles font d’eux des individus meilleurs.

Meilleurs, forcément meilleurs, que ceux qui ne partagent pas les mêmes Valeurs. Au fond rien d’anormal. N’est-ce pas à cela qu’elles servent ?

Déterminer quel prix on attache aux hommes.

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FONDS DE TIROIRS: LE CAVALIER SANS CHEVAL

- « Tu as dit une fois : « ma liberté s’exprime en l’absence claire de choix ». Mais  nous sommes confrontés chaque jour à des choix… Nous ne sommes donc jamais libres ? »

Ce à quoi nous sommes confrontés chaque jour, pour moi n’est pas le choix, car le choix je n’y crois pas. Ce à quoi nous sommes confrontés c’est l’idée du choix. Le choix n’existe, que dans notre petite tête. Nous vivons non pas entiers, mais en morceaux, dispersés, oublieux que la seule réalité à laquelle nous manquons est dans ce que nous vivons à l’instant où nous le vivons. Tu montes à cheval n’est-ce pas ?

- « Oui. »

Lorsque tu es avec un cheval exigeant qui t’impose une qualité de présence sans compromis, parce qu’avec lui la moindre distraction se paye de ta vie, as-tu le temps de te poser la question du choix ?

Le seul temps dont tu disposes, est celui de faire de ton mieux, et tu n’as d’autre alternative que de jeter toutes tes forces, toutes tes capacités, dans cette bataille. Un combat pour l’attention, pour le don de soi, un combat pour le geste juste.

Vivre, à cheval.

- « J’ai du mal avec les choix. »

Oui comme tout le monde, c’est bien normal. L’illusion du choix est un de ces canaux par lesquels nous nous vidons. Et pour sauvegarder cette illusion, nous sommes prêts à beaucoup de sacrifices, elle nous est chère parce que tout au fond de nos pensées, nous sommes convaincus que le choix EST la liberté (rire!!).

 

(Conversations digitales 2003/2005)

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MATIERE A RESPECT

On traite les objets comme on traite les gens.

Abstraction faite des simagrées.

Mais surtout, on traite les gens comme on traite les objets. Rien n’est plus révélateur de l’authentique qualité d’attention d’un individu, que son rapport à ces choses que l’on dit inanimées et triviales, desquelles, de part l’idée même que cet individu s’est fait de leur nature, il n’espèrera aucune attention en retour de l’attention donnée. Il les traitera sans les masques de la civilité, selon son exacte conception du respect. Observer un homme bêcher la terre, laver son bol ou touiller son café, peut vous en apprendre plus que tous ses discours, sur le sens qu’il donne au mot amour.

 

2-2

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10 décembre 2018

LE TEMOIN QUI N'AVAIT PAS VU L'ACCIDENT

Une pensée pour toi, messager de la Bonne Nouvelle. Vaillant prosélyte des dimanches gris, qui du temps où j’avais une porte vint ébranler mon huis.

Vaillant oui, tu l’étais. J’ai dit si tu veux sauver mon âme il va falloir marcher, c’est le prix. Des heures dans la montagne, avec ton acolyte costumé de frais, tu suis. Les pieds gelés dans la neige qui craque comme du biscuit. Il fait -20. Deux témoins cuits à point.

 

2-2

 

De quoi parlons-nous, Royaume, virginité, rédemption ? Ce n’est pas important. Désireux d’apprendre de toi autre chose que du bruit, j’écoute moins tes mots que leur petite musique. Bien qu’à la première seconde tu aies déjà beaucoup dit. Si plus que ton visage je regarde ton ombre, c’est que je cherche un démenti à cette impression. C’est qu’à la première seconde je t’ai vu. Dans un son.

Avant de venir à mon seuil, tu claques ta portière. C’est de cette façon d’abord, que tu te présentes à ma conscience. Un claquement de portière. Une onde de brutalité ordinaire, qui brise la pureté de cristal de cette après-midi de janvier. Une onde de brutalité négligente qui traverse la pierre et le bois, et l’étoffe et les os, et fait fuir les mésanges à ma fenêtre. Un son lourd, impérieux, qui s’imprime dans l’air comme la violence d’un coup s’imprime dans la chair.

 

C’est le gong au portique du temple, dont la voix porte jusque sous la peau du monde.

C’est l’onde concentrique qui suit le plouf du caillou dans la mare, laissant accroire à l’œil aveugle – et à lui seul – que l’histoire de son voyage vient mourir sur la berge.

C’est le vol de la flèche, dont le souffle empenné renseigne l’oreille ouverte sur l’intention qui l’a propulsée, donc sur la façon dont elle touchera la cible.

 

Je me souviens avoir frissonné, comme on frissonne au son d’un gong faussé. Sais-tu, toi qui parle d’« élévation spirituelle », ce que ton geste exprime d’essentiel ? Ta façon de poser le pied au sol, de manger, de déféquer, de respirer, de vivre. Des heures dans la montagne. De tout ceci tu n’as rien démenti. Sais-tu vaillant prosélyte, la teneur du message qu’en cette première seconde tu m’envoyas, et aux mésanges, et au ciel ? En claquant ta portière, tu as dis comment tu aimais ta femme. Et par là-même, comment tu honorais ton Dieu.   

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LES PETITS MATINS FRAGILES

Une à une, les étoiles pâlissent.

Le naufrage de la conscience,

Où comment passer du Tout-est-Un

Au Tout-Eteint.

 

Tout.

Est.

Lié.

 

J’ai mal à la terre.

 

 

2-2

 

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