Si l'on nous décrit un pays où nous n'avons jamais mis les pieds, un pays différent, nous nous en ferons une image – voire tout un album – d'après des repères familiers. Phénomène banal, amplement décrit par exemple, en psychologie cognitive. Cela semble inévitable.

Les coutumes, les étendues différentes peuvent susciter un attrait, pour leurs qualités propres, mais aussi pour la seule raison qu'elles sont… différentes. Cette curiosité pour un ailleurs de façade nous l'appelons : exotisme.

Passer outre l'exotisme n'est pas évident, même chez les globe-trotteurs confirmés. Ce mouvement qui ébroue le confort des habitudes que l'on transporte partout comme une seconde peau, une force d'inertie s'y oppose. Cette force nous l'appelons : routine.

Goût de l'exotisme et routine conjugués, composent cet étonnant loisir, auprès duquel les pires fléaux font figure d'aimable plaisanterie : le tourisme. Le tourisme est l'antithèse du voyage.

Pléthore de guides variés ont paru ces dernières décennies sur le sujet « Toltèque ». Ils ont je suppose, leur utilité. Je traiterai plus loin des possibilités, limites et contradictions du shamanisme, de son incompatibilité viscérale avec la conception de la liberté en cours dans mon pays, et veillerai si j'y pense à rendre à la mode du « développement personnel », la place qui d'urgence lui revient de droit : la poubelle. (Avec gentillesse, rien de bon ne peut être accompli sans gentillesse.)

Règle cardinale du voyageur : partir léger.