01 novembre 2018

DEDICACE - A "CELUI QUI N'A PAS LA PAROLE"

A tous ceux qui sentent, au moins confusément, qu’il y a quelque chose qui cloche là-dedans…

A l’enfance abîmée.

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CARNET D'ESQUISSES: L'EDUCATION IDEELLE

Eduquer : faire du vieux avec du neuf.

Dans chaque enfant ce n’est pas seulement Mozart qu’on assassine.

C’est la musique.

Avons-nous assez de musique en nous, pour faire danser la vie?

 

 

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LE BLOUF

- Tu es las de « parler » ?  De l’inconséquence ? 

- Il n’est plus temps de parler tu le sais n’est-ce pas ? Cette démence, qui galope, plus vite toujours plus vite, elle enfle elle accélère, d’une heure sur l’autre son poids change.

- Que peut-on vraiment faire ou espérer ? 

- Ce que l’on peut faire de mieux c’est peut-être, cesser de se poser cette question. J’ai été tenté de baisser les bras, de nombreuses fois mais je n’y arrive pas, je n’ai pas atteint les limites de mes forces. Que faire dis-tu ? Un jour où je voyais mon cœur enchaîné, j’ai tiré sur la longue chaîne et du fond du puits j’ai ramené mes ancêtres, affairés à leur héritage inéluctable. Ils m’ont dit ce que je savais déjà, et j’ai rétribué leurs confidences avec mes derniers lendemains. Mais ceci est anecdotique. Car ce qui tire à l’autre bout de la chaîne ce sont nos enfants. Je dis au bout parce qu’après, rien. Pas la mort non la mort est garante de la vie, pas même une fin, rien.

Ils ont si peu de temps

Pour être autre chose que des hommes

Et peut-être, faire mieux que simplement faire face.

Et ils le savent.

- Oui 

 

(Conversations digitales 2003/2005)

 

 

Si peu de temps

 

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LE PETIT SOC: MENSONGE

Mensonge : (du latin mens/mentiri, l’esprit)

Le songe de l’esprit, soit l’esprit qui rêve l’esprit. Un rêve dans un rêve, dans un rêve, dans un rêve... qui s’est perdu en chemin.

Fascination de l'esprit pour les fictions par lui-même construites, jusqu'à perdre tout lien conscient avec le réel.

Symptômes : incommunicabilité, croyances, mauvaise foi, confusion, incohérence, conflit, violence, souffrance, destruction.

(Le petit Soc, lexique du laboureur)

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LES MONOLOGUES DE L'ANACHORETE: OUROBOROS

Par où commencer ?

Le mensonge n’est pas vraiment un objet d’étude. Faudrait-il encore le pouvoir voir. Pour faire apparaître un objet : le mettre à distance de soi.

On n’en parle pas. Comment le pourrait-on ? Jamais, nulle part, ou presque. Sauf à le ramener aux dimensions lilliputiennes de la posture morale, le confondant avec quelque avatar : triche, dissimulation, manipulation, etc. Sauf à gloser sur ses manifestations les plus grossières sous le prisme sociétal, psychique, relationnel, environnemental. A n’établir pour causes de ses symptômes rien d’autre que d’autres symptômes et non des causes. Le serpent se mange la queue et plus il gloutonne plus le cercle s’étrécit. Jusqu’à étrangler le ciel.

Ou on en parle trop. Sait-on seulement parler d’autre chose ? Tout le temps, partout, ou presque. En l’habillant d’autres noms. Dieu, Amour, Famille, Société, Culture, Humanité, Progrès. Il justifie, conforte, protège. Il est la flèche des cathédrales, la fondation des remparts. Il est l’alpha et l’oméga de tous nos projets, de tous nos espoirs.

Nous ne fabriquons pas le mensonge. Le « fabriquer » supposerait d’abord en avoir conscience. Puis de maîtriser les processus complexes qui président à son élaboration. Absurdité, et quand bien même, si ce n’était que cela... ce serait un autre objet d’étude, par ailleurs maintes fois rebattu, soigneusement balisé. Et de désigner les menteurs, ceux-ci, celle-là, et jusqu’à soi-même parfois dans un sursaut de lucidité inachevé. Ceci n’est pas un chemin de compréhension. De nouveauté encore moins. C’est une impasse.

Nous ne fabriquons pas le mensonge. Nous n’en sommes plus là depuis quoi, cent mille ans ? Plus ? Le mensonge comme corollaire exact et nécessaire à la possibilité de l’homme - à la possibilité constitutive de cette espèce, d’ouvrir des voies d’évolution nouvelle, de créer un monde qui sans elle ne pourrait advenir - ce mensonge-là est le creuset originel de l’ « humanité ». Nous ne fabriquons pas le mensonge.

Spectacle extraordinaire.

Le mensonge nous fabrique.

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08 décembre 2018

CARNET D'ESQUISSES: GENS DE VALEURS

Point commun aux gens de valeurs : elles font d’eux des individus meilleurs.

Meilleurs, forcément meilleurs, que ceux qui ne partagent pas les mêmes Valeurs. Au fond rien d’anormal. N’est-ce pas à cela qu’elles servent ?

Déterminer quel prix on attache aux hommes.

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FONDS DE TIROIRS: LE CAVALIER SANS CHEVAL

- « Tu as dit une fois : « ma liberté s’exprime en l’absence claire de choix ». Mais  nous sommes confrontés chaque jour à des choix… Nous ne sommes donc jamais libres ? »

Ce à quoi nous sommes confrontés chaque jour, pour moi n’est pas le choix, car le choix je n’y crois pas. Ce à quoi nous sommes confrontés c’est l’idée du choix. Le choix n’existe, que dans notre petite tête. Nous vivons non pas entiers, mais en morceaux, dispersés, oublieux que la seule réalité à laquelle nous manquons est dans ce que nous vivons à l’instant où nous le vivons. Tu montes à cheval n’est-ce pas ?

- « Oui. »

Lorsque tu es avec un cheval exigeant qui t’impose une qualité de présence sans compromis, parce qu’avec lui la moindre distraction se paye de ta vie, as-tu le temps de te poser la question du choix ?

Le seul temps dont tu disposes, est celui de faire de ton mieux, et tu n’as d’autre alternative que de jeter toutes tes forces, toutes tes capacités, dans cette bataille. Un combat pour l’attention, pour le don de soi, un combat pour le geste juste.

Vivre, à cheval.

- « J’ai du mal avec les choix. »

Oui comme tout le monde, c’est bien normal. L’illusion du choix est un de ces canaux par lesquels nous nous vidons. Et pour sauvegarder cette illusion, nous sommes prêts à beaucoup de sacrifices, elle nous est chère parce que tout au fond de nos pensées, nous sommes convaincus que le choix EST la liberté (rire!!).

 

(Conversations digitales 2003/2005)

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MATIERE A RESPECT

On traite les objets comme on traite les gens.

Abstraction faite des simagrées.

Mais surtout, on traite les gens comme on traite les objets. Rien n’est plus révélateur de l’authentique qualité d’attention d’un individu, que son rapport à ces choses que l’on dit inanimées et triviales, desquelles, de part l’idée même que cet individu s’est fait de leur nature, il n’espèrera aucune attention en retour de l’attention donnée. Il les traitera sans les masques de la civilité, selon son exacte conception du respect. Observer un homme bêcher la terre, laver son bol ou touiller son café, peut vous en apprendre plus que tous ses discours, sur le sens qu’il donne au mot amour.

 

2-2

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10 décembre 2018

LE TEMOIN QUI N'AVAIT PAS VU L'ACCIDENT

Une pensée pour toi, messager de la Bonne Nouvelle. Vaillant prosélyte des dimanches gris, qui du temps où j’avais une porte vint ébranler mon huis.

Vaillant oui, tu l’étais. J’ai dit si tu veux sauver mon âme il va falloir marcher, c’est le prix. Des heures dans la montagne, avec ton acolyte costumé de frais, tu suis. Les pieds gelés dans la neige qui craque comme du biscuit. Il fait -20. Deux témoins cuits à point.

 

2-2

 

De quoi parlons-nous, Royaume, virginité, rédemption ? Ce n’est pas important. Désireux d’apprendre de toi autre chose que du bruit, j’écoute moins tes mots que leur petite musique. Bien qu’à la première seconde tu aies déjà beaucoup dit. Si plus que ton visage je regarde ton ombre, c’est que je cherche un démenti à cette impression. C’est qu’à la première seconde je t’ai vu. Dans un son.

Avant de venir à mon seuil, tu claques ta portière. C’est de cette façon d’abord, que tu te présentes à ma conscience. Un claquement de portière. Une onde de brutalité ordinaire, qui brise la pureté de cristal de cette après-midi de janvier. Une onde de brutalité négligente qui traverse la pierre et le bois, et l’étoffe et les os, et fait fuir les mésanges à ma fenêtre. Un son lourd, impérieux, qui s’imprime dans l’air comme la violence d’un coup s’imprime dans la chair.

 

C’est le gong au portique du temple, dont la voix porte jusque sous la peau du monde.

C’est l’onde concentrique qui suit le plouf du caillou dans la mare, laissant accroire à l’œil aveugle – et à lui seul – que l’histoire de son voyage vient mourir sur la berge.

C’est le vol de la flèche, dont le souffle empenné renseigne l’oreille ouverte sur l’intention qui l’a propulsée, donc sur la façon dont elle touchera la cible.

 

Je me souviens avoir frissonné, comme on frissonne au son d’un gong faussé. Sais-tu, toi qui parle d’« élévation spirituelle », ce que ton geste exprime d’essentiel ? Ta façon de poser le pied au sol, de manger, de déféquer, de respirer, de vivre. Des heures dans la montagne. De tout ceci tu n’as rien démenti. Sais-tu vaillant prosélyte, la teneur du message qu’en cette première seconde tu m’envoyas, et aux mésanges, et au ciel ? En claquant ta portière, tu as dis comment tu aimais ta femme. Et par là-même, comment tu honorais ton Dieu.   

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LES PETITS MATINS FRAGILES

Une à une, les étoiles pâlissent.

Le naufrage de la conscience,

Où comment passer du Tout-est-Un

Au Tout-Eteint.

 

Tout.

Est.

Lié.

 

J’ai mal à la terre.

 

 

2-2

 

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