06 novembre 2018

DEDICACE - A DJEBE, DJOCHI, KADA'AN

A Djebe, Djochi, Kada’an.

Mes flèches incandescentes. Dans le profond de votre chair tuez-moi bien proprement, dispersez les morceaux, que rien ne reste qui puisse alourdir votre vol.

A mes petits-enfants, pour tout ce que je n’aurai pas le temps de transmettre.

Posté par socrateenliberte à 00:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


DES AILES POUR DEMAIN

Ne dis pas à l’enfant qu’il est l’avenir.

Pourquoi le charger de ce poids ?

Dis-lui plutôt ce que tu vois :

Un présent magnifique.

 

Et pour le reste ?

Commence si tu le peux

Par ne pas lui raconter des salades.

3-1

 

 

Posté par socrateenliberte à 00:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

FONDS DE TIROIRS: TANGO

Chaque jour

Chaque heure

Je veille

Pour garder au rêve qui est le mien, assez de vie assez d'élan

Je danse, avec des forces d’anéantissement immenses

Je rêve un monde

Et ce monde

Je le porte.

 

Mon rêve A. est puissant. C’est le rêve d’une espèce à naître. Ce rêve est mon chemin, et ce chemin je l’invente à chaque pas.

Ceux qui portent en eux ce genre de rêve, sont liés entre eux par des liens qui n’entravent pas des liens dont la matière est liberté, qui ne souffrent aucune frontière. Leur relation n’est pas faite de besoins.

 

(Conversations digitales 2003/2005)

3-1

Posté par socrateenliberte à 00:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

PASSAGER CLANDESTIN

Dire ce qui ne peut l’être...

Gros malin !

Bien-sûr que tu ne sais comment faire.

Cela ne peut advenir qu’à ton insu.

 

Passager clandestin.

Echo de l’envers, poussière légère.

L’écho est plus réel que les briques des mots.

Posté par socrateenliberte à 01:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

NOSTALGIE DU FUTUR

« Il traîne dans sa chair une nostalgie puissante, sans pouvoir la nommer, car enfin peut-on être nostalgique de ce qui est à venir ? »

(Préface à Rencontre d’une vie)

   


 

Nostalgie du futur ?

Pauvres, pauvres petits mots, oxymoron de pacotille.

 

Ce n’est pas désir pour ce qui sera.

Ce n’est pas projet de ce qui devrait être.

Ce n’est pas hypothèse de ce qui pourrait être.

Non plus regret, de ce qui aurait pu être.

Ce n’est ni rêverie ni fantasme, ni idéal ou espérance.

 

C’est une trace peut-être, ou un appel.

Souvenir ?

Alors un souvenir si fluet que l’imagination peine à l'attraper dans ses filets. Souvenir sans images, sans objet.

Une pulsation à basse fréquence, qui déchire la trame des jours.

Sensation épastrouillante d’être... ensemencé, par ce qui n’est pas.

 

La perception linéaire du temps, d’où est déduit le principe de causalité, postule que le passé conditionne le futur. Le concept d’intrication quantique suggère que le futur modifie le passé.

Tous les possibles en germe, déjà advenus à la fois.

Deux blocs en mouvement qui poussent l’un contre l’autre.

Se glisser entre.

Vloup ! Être aspiré, dans un instant d'éternité.

Posté par socrateenliberte à 21:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


15 décembre 2018

CARNET D'ESQUISSES: L'EAU VIVE

Naïf, est celui qui espère enfermer l’eau vive dans la coupe de ses mains.

Que dire alors de celui qui croit que ce faisant, il aura fait sienne la vérité du torrent ?

 

3-2

Posté par socrateenliberte à 01:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

FONDS DE TIROIRS: RETOUR AUX SOURCES

-  « Je sens aussi en moi cette tendance : celle du retour au vide, à la source. »

- L’appel de la source pour moi est affaire d’instinct. Puissions-nous y mettre la même détermination que le saumon, pour lequel c’est une question de vie ou de mort. Pas forcément la sienne, d’ailleurs. La même nécessité dans l’effort, la même ruse à contourner l’obstacle, la même joie à obéir au souvenir de ce qu’il ne connaît pas encore. Puissions-nous surtout témoigner de l’amour de la rivière, qui sans compassion permet au saumon de se surmonter.

-  « Qui êtes-vous ? Comment avez-vous compris ce que vous exprimez ? Vos mots me semblent… comment dire ?... Ils me touchent. » 

- Là, je suis embêté !

Puisque je me « connais » tout juste assez pour savoir que j’ignore qui je suis, je ne puis vous proposer une identité, seulement une démarche. Je suis un homme qui tente de ne péter, ni plus haut ni plus bas que son derrière. Je suis cette vie passée à polir un esprit dans le frottement d’avec les choses, afin qu’il puisse rendre le plus grand des services à sa portée : se faire transparent...

Je suis un homme de paix, pour cela je mène une guerre sans trêve contre ma stupidité crasse. Je n’exprime que ce que je vis, un lien de communication, dans l’état le plus grossier de la matière comme dans ses manifestations subtiles et surprenantes.

Je suis un chasseur de contradictions.

Je suis cet enfant reconnaissant qui marche vers sa mère, les mains vides de toute morale, honneur ou devoir, occupé seulement à être attentif.

- « Les mains vides de toute morale honneur ou devoir... »

- C’est ce que je viens de dire, oui (sourire). Cela vous choque ?

 

(Conversations digitales 2003/2005)

 

 

3-2

 

Posté par socrateenliberte à 01:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

JARDINER RESPONSABLE

Pieds nus dans la glaise fraîche.

Prendre soin de l’arbre qui engendrera la graine c’est déjà, un peu, prendre soin de la graine.

Prendre soin du souvenir de l’arbre dans la graine. Souffler sur la graine qui se souvient qu’elle porte l’arbre.

Se faire discret, expir ténu, exister à peine.

Sur ce terreau faire éclore un matin neuf.

Veiller ?

Le jardinier vit au milieu de la nature, comme s'il était lui-même un arbre qui marche.

 

3-2

Posté par socrateenliberte à 16:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

HOMO SAPIENS NON SAPIENSIS

Une amie m’a demandé récemment :

« Mais ce travail, il commence quand ? Quel est le déclencheur ? »

Je me suis d’abord trouvé coi, coi, quoi répondre ?

Il m’est venu ceci :

 

Cela commence peut-être, par une trahison.

Par le constat – cela peut arriver très tôt dans l’existence – que cette leçon que l’on nous a fait assimiler, et celle-ci, et puis tiens celle-là aussi, nous étouffent, et ne disent rien de la vie. Ne correspondent, à rien de rien. Fadaises, chimères et coquecigrues. Cela commence par une intuition dérangeante : et si tout ce que l’on m’avait appris jusqu’à aujourd’hui, était faux ? Cela commence là. Alors on devient plus exigeant, plus attentif, et on entreprend de désapprendre. Et bien-sûr, on apprend d’autres choses. Ce qui se vide d’un côté, pendant un temps se remplit de l’autre. Et puis vient le jour où l’on est prêt à voir que toutes les choses nouvelles, et belles, et vastes, et pleines de sens que l’on a apprises en désapprenant, sont aussi fausses. Et c’est magnifique.

 

Ai-je eu tort ? Bien peu sont prêts, à vivre sans s’agripper à un savoir. Sans s’accrocher à du certain, comme une tique à son chien. C’est-à-dire : à vivre sans illusions. D’un autre côté, si ce n’est dans ces conditions, de quelle vie parle-t-on ?

 

Homo sapiens non sapiensis : l’homme conscient de ne pas savoir. Cette humanité-là, seule m’intéresse. Il se pourrait même, qu’elle seule ait un avenir.

 

Il faut connaître la vacuité du savoir, pour goûter la plénitude du vide.

Posté par socrateenliberte à 16:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

AU MUR DES TOILETTES: PIQÛRE DE RAPPEL

« Je suis toutes les veuves de toutes les maisons solitaires de la terre à leur fenêtre,

Et toute l’innocence heureuse cherchant la souffrance.

Je suis Nature construisant le tonnerre de Nature,

Les roses rouges qui s’épanouissent,

La truite qui fend l’eau,

La lune, martelant les étoiles

Dans le sillage de l’océan…

Je suis tout cela !

Je suis un souffle tourbillonnant !

Ce que vous me croyez être… Je ne le suis pas !

Les rêves diront à vos sens tous mes noms :

Ni à voix haute et dure, ou soudain négligente, sarcastique ou cinglante…

Mais dans un murmure.

Vous avez abandonné un jour de douze heures pour une nuit de douze heures

Afin de vous mêler avec soin à l’éternité !

Alors vous prenez conscience de la cruciale hésitation

Qui prépare une étoile au désir…

Quand vous verrez ma véritable image,

Vous verrez la flamme vacillante d’une bougie.

Alors vous sentirez les échanges solitaires des étoiles.

Souvenez-vous ! Souvenez-vous ! Souvenez-vous ! »

 

(Franck Herbert)

Posté par socrateenliberte à 17:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,